
« Il peut rester 3h sur ses jeux, mais pas 10 minutes sur ses devoirs »
Cette phrase, tant de parents me la confient. Elle illustre un phénomène souvent mal compris : l’hyperfocus, cet état de concentration extrême, rigide et involontaire, fréquent chez les enfants TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou TSA (trouble du spectre de l’autisme).
Et si cette capacité à se plonger dans une activité n’était pas un superpouvoir, mais plutôt un signal d’alarme ?
Comprendre l’hyperfocus, c’est poser un regard nouveau sur le fonctionnement attentionnel atypique… et trouver des moyens de l’apprivoiser.
Hyperfocus : une illusion de concentration
À première vue, l’hyperfocus peut sembler rassurant : « au moins, il est concentré ».
Mais ce qui ressemble à de l’attention est en réalité un verrouillage cognitif, avec des conséquences bien réelles :
- L’enfant perd la notion du temps
- Il oublie ses besoins de base (manger, dormir, aller aux toilettes)
- Il peut réagir avec agressivité ou anxiété si on l’interrompt brusquement
- Il ne choisit pas ce sur quoi il se focalise : c’est souvent instinctif et incontrôlé
👉 Autrement dit, l’hyperfocus n’est pas une capacité maîtrisée, mais un symptôme d’une attention non régulée.
Ce que l’hyperfocus révèle du cerveau neuroatypique
Chez les enfants TDAH ou TSA, on parle souvent de « déficit d’attention ». Or, ce n’est pas une question de quantité, mais de régulation attentionnelle.
💡 Un enfant peut avoir une attention ultra disponible, mais ne pas réussir à la mobiliser au bon moment, ni à la rediriger efficacement.
C’est pourquoi :
- Il peut alterner entre inattention totale et hyperconcentration figée
- Il lui est difficile de passer d’une tâche à une autre
- Les consignes, même simples, semblent ne pas “accrocher” son attention
Ce fonctionnement n’est pas un caprice. C’est une particularité neurodéveloppementale qui appelle une approche adaptée et bienveillante.

Trois stratégies concrètes pour aider ton enfant à sortir de l’hyperfocus
Sortir d’un état d’hyperfocus ne s’improvise pas. C’est un apprentissage progressif, qui demande de la douceur, de la structure… et parfois un peu de créativité.
1. Ritualiser la sortie de l’hyperfocus
Plutôt que de couper net, ce qui génère souvent de la tension, préviens ton enfant de l’interruption à venir :
- Utilise un compte à rebours visuel (timer, sablier, pictogramme)
- Crée une routine de transition : « Dans 5 minutes, on ferme l’ordinateur, puis on va se laver les mains »
- Sois prévisible : un cadre régulier sécurise et prépare l’enfant au changement
2. Utiliser ses passions comme levier pédagogique
Ce qui attire son attention peut devenir un outil puissant d’apprentissage :
- Fan de Minecraft ? Propose des activités de géométrie ou d’écriture autour de son univers préféré
- Passionné de dinosaures ? Intègre-les à ses lectures, exercices de tri, chronologies…
👉 On ne combat pas l’hyperfocus, on s’en sert comme tremplin.
3. Développer la flexibilité attentionnelle
Pour entraîner le cerveau à changer de focus, propose des jeux cognitifs variés :
- Jeux de classement, de tri, de rapidité
- Activités à consignes multiples (ex : « si je dis bleu, tu tapes dans les mains, si je dis rouge, tu sautes »)
- Séances de relaxation dynamique ou de yoga enfants pour revenir au corps
L’objectif ? Apprendre à ton enfant à s’orienter volontairement d’une tâche à une autre, tout en douceur.
Réconcilier l’attention avec l’apprentissage
Accompagner l’hyperfocus, ce n’est pas le faire disparaître. C’est l’apprivoiser, le comprendre, et surtout le canaliser pour qu’il ne devienne pas un frein au quotidien.
En tant qu’orthopédagogue, je t’aide à mettre en place des stratégies concrètes et respectueuses, adaptées au fonctionnement unique de ton enfant.
✨ N’oublie jamais : révéler chaque potentiel, c’est aussi apprendre à décoder les signaux invisibles.