Aller au contenu

Faire vivre les préconisations : un levier de réussite pour les élèves à besoins spécifiques

“On a fait tous ces bilans… et pourtant, à l’école, rien ne change.”

Cette phrase, je l’entends régulièrement. Du côté des parents, elle traduit une profonde fatigue, une forme d’incompréhension. Du côté des professionnels de l’éducation, elle fait écho à une réalité : celle de préconisations scolaires bien formulées, mais trop souvent peu ou mal mises en œuvre.

Et pourtant, derrière chaque compte-rendu de bilan ou chaque diagnostic — qu’il s’agisse de TDAH, de troubles dys ou d’autres profils d’élèves à besoins spécifiques — il y a un enfant. Un élève qui ne demande qu’à apprendre, à grandir, à s’épanouir dans un cadre adapté.

Alors, comment s’assurer que ces recommandations deviennent des leviers concrets pour sa réussite ? Quel rôle peut jouer l’orthopédagogue dans cette démarche ? Explorons ensemble cette mission de coordination bienveillante, essentielle à un parcours scolaire apaisé.

Pourquoi les préconisations scolaires ne sont-elles pas toujours suivies ?

Il ne s’agit jamais d’un manque de volonté. Et pourtant, entre les intentions et la réalité de terrain, un fossé peut se creuser.

Voici quelques raisons fréquentes observées :

  • Manque de temps et de moyens dans les établissements pour mettre en place les aménagements scolaires nécessaires
  • Mésentente ou méconnaissance des diagnostics médicaux et des recommandations associées
  • Communication difficile entre les différents acteurs : famille, enseignants, professionnels de santé
  • Rotation fréquente des enseignants ou des AESH, qui complique la continuité des suivis
  • Sentiment d’illégitimité des parents à insister pour l’application des préconisations

Résultat : l’élève avance tant bien que mal, avec des efforts redoublés… et souvent un sentiment d’échec ou de décalage qui s’installe.

Les conséquences sur l’élève… et sa famille

Lorsqu’un diagnostic est posé, c’est souvent un soulagement : on comprend mieux le fonctionnement de l’enfant, ses forces, ses besoins. Mais lorsque rien ne bouge sur le terrain, cette lumière devient source de frustration.

Pour l’élève, cela peut se traduire par :

  • Une perte de confiance en soi
  • Une démotivation progressive
  • Des troubles du comportement ou du sommeil
  • Une fatigue chronique, mentale et physique

Et pour les parents :

  • Un sentiment d’impuissance
  • Le fardeau mental de devoir « porter » seuls le parcours scolaire de leur enfant
  • Parfois même une forme de découragement face à l’institution

Le rôle de l’orthopédagogue : un lien entre tous, au service de l’élève

C’est ici que mon métier prend tout son sens.

En tant qu’orthopédagogue, j’interviens à la croisée des chemins entre la famille, l’école et les professionnels de santé. Mon rôle est d’accompagner l’élève de manière individualisée, tout en facilitant la coordination pédagogique nécessaire à la mise en place des aménagements scolaires recommandés.

Concrètement, cela passe par :

  • L’analyse détaillée des bilans (neuropsychologique, orthophonique, psychomoteur, etc.)
  • La traduction pédagogique des préconisations : qu’est-ce qu’on met en place, quand, comment, pourquoi ?
  • Des séances personnalisées avec l’élève pour développer des stratégies d’apprentissage efficaces
  • Un accompagnement des familles pour qu’elles se sentent légitimes, informées, entendues
  • Une communication avec l’équipe enseignante, dans un esprit de collaboration respectueux
  • Et, lorsque c’est pertinent, ma participation aux ESS (Équipes de Suivi de Scolarisation), en visio ou en présentiel, à la demande des familles, pour porter la voix des besoins spécifiques de l’élève

Une mission reconnue et soutenue

Lors d’un récent échange avec un inspecteur de circonscription, nous avons partagé cette conviction commune : il est impératif de rappeler la légitimité des bilans et des diagnostics médicaux.

Trop souvent, ceux-ci sont perçus comme de simples “documents à lire”, alors qu’ils devraient être considérés comme des outils d’inclusion puissants. Refuser de les prendre en compte, c’est invisibiliser le fonctionnement cognitif d’un élève — et manquer une chance de l’aider à progresser dans un cadre respectueux de ses besoins.

L’inspecteur insistait lui aussi sur l’importance de valoriser le travail de coordination, en reconnaissant le rôle clé de l’orthopédagogue dans l’écosystème éducatif.

Faire vivre les préconisations, c’est offrir du sens et du mieux-être à l’élève

Chaque fois qu’un enseignant adapte son évaluation, qu’un AESH ajuste son accompagnement, ou qu’un parent comprend mieux les besoins de son enfant… on avance. Ce sont des petites victoires qui, mises bout à bout, changent le quotidien de l’élève.

👉 Ce n’est pas une question de perfection, mais de cohérence et d’humanité
👉 Ce n’est pas une charge en plus, c’est une chance de mieux faire ensemble

💡 Envie d’y voir plus clair pour ton enfant ?

Si ton enfant est concerné par un TDAH, des troubles des apprentissages ou tout autre profil à besoins spécifiques, je t’invite à découvrir l’accompagnement :
👉 Bilan de situation – Enfant TDAH (et autres profils)

C’est un point de départ concret pour faire le lien entre les bilans, l’école et le quotidien de ton enfant — avec bienveillance, expertise et coordination.

Ensemble, faisons des préconisations un véritable tremplin pour les élèves à besoins spécifiques. 💛