
Vous devez constituer un dossier MDPH pour votre enfant et vous arrivez à la partie consacrée à sa vie quotidienne.
Face au formulaire, les questions se multiplient :
- Le projet de vie est-il obligatoire ?
- Combien de pages faut-il écrire ?
- Peut-on ajouter un document ?
- Faut-il parler uniquement des difficultés ?
- Peut-on demander directement une AESH ?
- Comment évoquer les conséquences sur la vie familiale ?
Ces interrogations sont légitimes. Le projet de vie touche à l’intime : il demande aux parents de mettre en mots les difficultés de leur enfant, mais aussi les efforts qu’il fournit et les aides devenues indispensables au quotidien.
Voici les réponses aux dix questions que les familles se posent le plus souvent avant de commencer.
1. Le projet de vie MDPH existe-t-il encore ?
Oui, mais son appellation a changé.
Dans le formulaire actuel de demande auprès de la Maison départementale des personnes handicapées, le terme « projet de vie » a été remplacé par l’intitulé « Vie quotidienne ».
Ces informations sont principalement renseignées dans la partie B du formulaire. Cette partie permet de présenter :
- la situation de votre enfant ;
- ses besoins ;
- ses attentes ;
- les difficultés rencontrées au quotidien ;
- les aides déjà mises en place ;
- les conséquences sur son autonomie et sa participation.
L’expression « projet de vie » reste néanmoins très utilisée par les familles, les associations et les professionnels. Les deux formulations désignent donc aujourd’hui une démarche proche : permettre à la MDPH de mieux comprendre la réalité vécue par l’enfant et sa famille. (Mon Parcours Handicap)
2. Le projet de vie est-il obligatoire dans un dossier MDPH ?
La partie « Vie quotidienne » n’est pas présentée comme une pièce obligatoire pour rendre le dossier administrativement recevable.
Elle reste pourtant particulièrement utile pour l’évaluation de la demande, car elle permet d’exprimer les besoins et les attentes qui ne sont pas toujours visibles dans les bilans médicaux, paramédicaux ou scolaires. (Mon Parcours Handicap)
Un certificat médical peut décrire une pathologie. Un bilan peut mettre en évidence certaines fragilités. Le GEVA-Sco peut présenter les difficultés rencontrées en situation scolaire.
Mais ces documents ne montrent pas nécessairement :
- le temps nécessaire pour s’habiller ;
- l’aide indispensable lors des devoirs ;
- les conséquences de la fatigue après l’école ;
- les adaptations mises en place à la maison ;
- les sorties devenues impossibles ;
- les répercussions sur l’organisation familiale.
Ne pas remplir cette partie peut donc laisser dans l’ombre des informations importantes.
3. Qui doit rédiger le projet de vie pour un enfant ?
Lorsque l’enfant est mineur, le projet de vie est généralement rédigé par ses parents ou son représentant légal.
Cela ne signifie pas que la parole de l’enfant doit être absente.
Selon son âge et ses possibilités, il peut être intéressant de faire apparaître :
- ce qu’il trouve difficile ;
- ce qui l’aide ;
- ce qu’il aimerait pouvoir faire ;
- ce qu’il ressent dans certaines situations ;
- ses souhaits concernant l’école, les loisirs ou son autonomie.
Pour un adolescent, quelques phrases formulées avec ses propres mots peuvent apporter un éclairage complémentaire.
La rédaction finale doit toutefois rester suffisamment structurée pour que les informations essentielles soient facilement repérables. La demande auprès de la MDPH est effectuée par les parents ou le représentant légal lorsque l’enfant est mineur. (Service Public)
4. Combien de pages faut-il écrire ?
Il n’existe pas de longueur idéale valable pour toutes les familles.
Les indications officielles ne fixent pas un nombre obligatoire de lignes ou de pages. Il est possible de renseigner la partie prévue dans le formulaire ou de rédiger le projet de vie sur papier libre. (Mon Parcours Handicap)
Un texte très long n’est pas automatiquement plus efficace.
À l’inverse, quelques lignes trop générales risquent de ne pas permettre de comprendre les besoins de l’enfant.
La bonne longueur est celle qui permet de présenter les éléments importants sans répétitions inutiles. Le document doit rester :
- lisible ;
- organisé ;
- personnalisé ;
- cohérent avec les autres pièces du dossier ;
- suffisamment précis pour rendre les difficultés compréhensibles.
L’enjeu n’est donc pas de remplir un nombre déterminé de pages, mais de choisir les informations qui permettront de comprendre la situation réelle de l’enfant.
5. Peut-on ajouter des feuilles au formulaire MDPH ?
Oui.
Si l’espace disponible dans le formulaire est insuffisant, le projet de vie peut être rédigé sur papier libre et joint au dossier. Les recommandations officielles prévoient explicitement cette possibilité. (Mon Parcours Handicap)
Le document complémentaire doit être facilement identifiable. Il est préférable d’y faire figurer :
- le nom et le prénom de l’enfant ;
- sa date de naissance ;
- la mention « Partie B – Vie quotidienne » ;
- le nombre de pages ;
- la date de rédaction.
Lors d’un dépôt papier, vérifiez que toutes les feuilles sont correctement jointes. Lors d’une demande en ligne, assurez-vous que le document a bien été téléversé dans la rubrique appropriée.
Cette possibilité de joindre des pages supplémentaires ne signifie toutefois pas qu’il faut tout raconter. Le choix et l’organisation des informations restent essentiels.
Vous avez commencé à rédiger, mais vous doutez de votre texte ?
Il est fréquent de ne plus savoir si l’on en dit trop, pas assez ou si les éléments importants apparaissent réellement.
Je vous propose un accompagnement à distance pour vous aider à comprendre les bilans, à organiser vos observations et à rendre plus lisibles les besoins de votre enfant, sans déformer votre réalité familiale.
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6. Faut-il recopier les diagnostics et les conclusions des bilans ?
Non. Le projet de vie ne doit pas devenir une copie des bilans déjà joints au dossier.
Vous pouvez rappeler brièvement les difficultés identifiées, mais l’objectif principal est d’expliquer leurs conséquences concrètes.
Par exemple, le terme « fatigabilité cognitive » ne permet pas, à lui seul, de comprendre :
- à quel moment la fatigue apparaît ;
- comment elle se manifeste ;
- quelles activités deviennent impossibles ;
- quel accompagnement est nécessaire ;
- combien de temps l’enfant met pour récupérer.
Les bilans médicaux, paramédicaux et scolaires peuvent être transmis comme pièces complémentaires lorsqu’ils sont utiles à l’évaluation. Le certificat médical réglementaire reste, quant à lui, une pièce obligatoire du dossier et doit être daté de moins de douze mois. (Mon Parcours Handicap)
Le rôle du projet de vie est donc de créer un lien entre ces documents professionnels et la réalité quotidienne de l’enfant.
7. Faut-il parler uniquement des difficultés de l’enfant ?
Non.
Un projet de vie fidèle doit également faire apparaître les capacités de l’enfant, ses centres d’intérêt, ses progrès et les situations dans lesquelles il réussit.
Toutefois, il ne faut pas que les formulations positives conduisent à minimiser les besoins.
Écrire qu’un enfant sait préparer son cartable ne donne pas la même information selon qu’il le fait :
- seul et spontanément ;
- avec une liste visuelle ;
- après plusieurs rappels ;
- avec un adulte qui vérifie chaque étape ;
- uniquement lorsque ses affaires ont été préparées à l’avance.
Les capacités doivent donc être présentées avec leurs conditions de réalisation.
L’objectif n’est ni de dresser un portrait uniquement négatif, ni de rassurer la commission en atténuant les difficultés. Il s’agit de montrer le fonctionnement réel de l’enfant, avec ses ressources, ses besoins et les aides nécessaires.
8. Peut-on parler des conséquences sur les parents et la fratrie ?
Oui, lorsque ces conséquences permettent de comprendre l’aide réellement apportée à l’enfant et l’organisation indispensable autour de lui.
Il peut être pertinent d’évoquer :
- une réduction ou une interruption d’activité professionnelle ;
- des rendez-vous nombreux ;
- des déplacements réguliers ;
- une surveillance accrue ;
- l’impossibilité de confier l’enfant ;
- l’organisation particulière des vacances ;
- les répercussions sur les sorties familiales ;
- le temps consacré aux devoirs ou aux actes du quotidien ;
- les conséquences sur la disponibilité accordée aux autres enfants.
Le formulaire comprend également une partie F facultative, consacrée à la vie, aux attentes et aux besoins de l’aidant familial. Plusieurs feuillets peuvent être renseignés lorsque plusieurs aidants souhaitent s’exprimer. (Mon Parcours Handicap)
Cette partie ne doit pas déplacer le centre du dossier vers la souffrance des parents. Elle doit rendre visible l’aide nécessaire à l’enfant et le coût réel de cette organisation pour la famille.
9. Faut-il demander directement une AESH ou une autre aide ?
Les parents peuvent exprimer les droits, les prestations ou les accompagnements qu’ils souhaitent solliciter dans la partie E du formulaire.
Il est donc possible de demander une aide humaine à la scolarisation, du matériel pédagogique adapté, un projet personnalisé de scolarisation ou une autre mesure correspondant aux besoins repérés. (Mon Parcours Handicap)
Cependant, inscrire uniquement :
Nous demandons une AESH.
ne permet pas de comprendre pourquoi cette aide paraît nécessaire.
Le dossier doit surtout rendre visibles :
- les activités que l’enfant ne peut pas réaliser seul ;
- les situations dans lesquelles il interrompt la tâche ;
- les aides déjà expérimentées ;
- les effets de ces adaptations ;
- les limites qui persistent ;
- les conséquences sur son autonomie scolaire.
L’équipe pluridisciplinaire de la MDPH évalue ensuite la situation. La CDAPH prend les décisions concernant le PPS, l’aide humaine, le matériel pédagogique adapté ou les orientations qui correspondent aux besoins évalués. (Service Public)
Il est donc légitime d’exprimer une demande, mais celle-ci doit rester reliée à des besoins concrets.
10. Peut-on être accompagné pour rédiger le projet de vie ?
Oui.
La MDPH a notamment pour mission d’informer, de conseiller et d’accompagner les personnes en situation de handicap ainsi que leur famille. Sur demande, son équipe peut apporter une aide à la formulation du projet de vie. Il est également possible de solliciter un CCAS ou un CIAS pour obtenir un premier soutien dans les démarches. (Mon Parcours Handicap)
D’autres professionnels ou associations peuvent également intervenir selon les besoins de la famille.
L’accompagnement que je propose en tant qu’orthopédagogue poursuit un objectif spécifique : vous aider à créer un lien entre les bilans, les observations quotidiennes, la scolarité et les besoins particuliers de votre enfant.
Il ne s’agit pas de rédiger un texte standard ni de promettre l’attribution d’un droit.
Il s’agit de vous aider à :
- mieux comprendre les documents reçus ;
- repérer les éléments importants ;
- prendre du recul sur les adaptations devenues habituelles ;
- organiser les informations ;
- trouver des formulations fidèles à votre réalité ;
- vérifier la cohérence globale du projet de vie.
Un projet de vie doit avant tout ressembler à votre enfant
Il n’existe pas de modèle universel.
Deux enfants présentant le même diagnostic peuvent avoir des besoins très différents. Deux familles peuvent également vivre des conséquences différentes selon leur organisation, leur environnement et les aides déjà disponibles.
Un projet de vie pertinent doit donc être individualisé.
Il doit permettre de comprendre :
- qui est votre enfant ;
- ce qu’il peut réaliser ;
- les difficultés qu’il rencontre ;
- les efforts qu’il fournit ;
- les aides dont il a besoin ;
- les adaptations déjà mises en place ;
- les limites qui persistent ;
- les attentes de votre famille.
Vous n’avez pas à devenir spécialiste du vocabulaire médical, pédagogique et administratif pour parvenir à expliquer votre quotidien.
Être accompagnée pour préparer le projet de vie MDPH de mon enfant
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À propos de l’autrice

Audrey Delaforge est orthopédagogue et enseignante spécialisée.
Elle accompagne les familles dans la compréhension des besoins particuliers de leur enfant et dans la mise en mots de leurs répercussions sur la vie quotidienne, l’autonomie et la scolarité.
Son approche repose sur une analyse individualisée, des formulations précises et le respect du rôle de chaque professionnel et de chaque institution.
L’accompagnement proposé ne garantit pas l’attribution d’un droit, d’une prestation ou d’une orientation par la MDPH. Il vise à améliorer la compréhension, la cohérence et la personnalisation des éléments présentés par la famille.